15.10.2009
Soutenez l’indépendance de l’AFP en signant sa pétition !
L’indépendance de la presse est une condition nécessaire à l’épanouissement de la démocratie. Elle est malheureusement aujourd’hui bien mise à mal, par sa dépendance croissante à l’égard des subventions d’Etat, par un noyautage des puissances financières actionnaires, dont les majeures vivent de contrats sur des marchés d’Etat, sans parler également du même phénomène observé sur les médias audiovisuels, de la récente réforme de l’audiovisuel public accentuant l’emprise du gouvernement sur l’opinion, ainsi que de la manipulation des sondages par l’Elysée récemment dénoncée.
Il reste encore un bastion d’indépendance et de professionnalisme incontesté : l’AFP, l’Agence France Presse, présente en France et presque partout dans le monde, qui alimente la presse de ses dépêches, lui fournissant la matière première de l’information.
L'AFP est dotée d'un statut unique, défini par une loi de 1957 destinée à garantir son indépendance structurelle à l'égard des pouvoirs publics et de tout autre "groupement idéologique, politique ou économique". Sa mission est "de rechercher tant en France qu'à l'étranger les éléments d'une information complète et objective". C’est en quelque sorte un service public. Cette mission doit primer sur les questions de rentabilité.
Evoquant des questions d’autonomie financière et de rentabilité, le gouvernement a souhaité changer le statut de l’AFP et a mandaté M. Louette, son PDG, " pour proposer un changement de statut qui doit notamment "doter l’Agence d’un actionnariat stable" et "conforter son rayonnement international et européen". Cette annonce provoque une grande inquiétude au sein du personnel de l’AFP. L'intersyndicale a lancé une pétition "SOS-AFP" le 27 novembre 2008. Elle appelle à refuser "toute modification qui aurait pour effet soit de transformer l'AFP en agence gouvernementale, soit de la livrer en totalité ou en partie à des entreprises privées quelles qu'elles soient et sous quelque forme que ce soit". Elle exige que l’agence conserve sa particularité, sa capacité à remplir sa mission d’intérêt général et son indépendance structurelle. Par conséquent, elle s’oppose à toute modification qui dénaturerait son statut, inscrit dans la loi de 1957.
Cette pétition a recueilli 19 500 signatures à ce jour, notamment de nombreux journalistes, dont Edwy Penel et Laurent Mauduit, de personnalités politiques telles que Martine Aubry, François Bayrou, Corinne Lepage, Marielle de Sarnez, Cécile Duflot, Ségolène Royal, Olivier Besancenot, Marie-Georges Buffet, Manuel Valls, Dominique Voynet, Jean-Louis Bianco, José Bové, Yves Cochet, Gérard Collomb, Bertrand Delanoë, François Hollande, Benoît Hamon, Clémentine Autain, David Assouline, et de philosophes, artistes, etc. Dans quelques jours, la pétition sera remise au gouvernement. Afin qu’elle dépasse largement 20 000 signatures, apportez aussi votre soutien et joignez-vous nombreux aux signataires !
Pétition « SOS-AFP » : http://www.sos-afp.org/
http://www.mediapart.fr/journal/economie/300509/repensant-son-avenir-l-afp-recrute-frederic-filloux
http://www.challenges.fr/depeches/20091007.AFP4498/?xtmc=frederic_mitterrand&xtcr=3
Contre la concentration des médias et pour un nouveau modèle économique : http://www.mediapart.fr/club/edition/association-des-lecteurs-de-mediapart-alm/article/280209/contre-la-concentration-des-me
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21.09.2007
Interdisons un déficit public de fonctionnement !
Pour signer la pétition, cliquez ici !
Nous assistons ces dernières années à un accroissement de la dette publique, alimentée par la permanence du déficit public annuel, grevant le poids fiscal sur les générations futures qui doivent rembourser cette dette. Ce qui est avant tout inadmissible, c’est d’accepter un déficit de fonctionnement, traduisant un excès des dépenses de consommation sur les recettes, donc un Etat qui vit à crédit aux dépens des générations suivantes...
La dette publique, alimentée par le déficit public annuel (dépense excédant les recettes), est financée par des emprunts d’Etat, qui eux-mêmes génèrent des dépenses en intérêts financiers sur les années suivantes, qu’il faut financer par l’impôt.
Lorsque ce déficit est dû à des investissements (amortissement et frais d’intérêts de ces derniers) qui vont bénéficier aux générations suivantes, tels que la construction de routes, d’hôpitaux, d’écoles, il est normal que les générations qui en profitent payent l’impôt qui financera le remboursement de ces investissements. En revanche, lorsqu’on observe un déficit dit « de fonctionnement », c’est à dire l’excès des dépenses de fonctionnement, de consommation courante, sur les recettes courantes, il traduit la nécessité de faire financer une consommation excessive de la génération présente par les générations futures, qui devront payer l’impôt devant financer les frais financiers de remboursement de cette dépense passée. Autrement dit, l’Etat vit à crédit au mépris des générations suivantes.
C’est ce qui s’est passé ces dernières années. La dette publique de l’Etat a atteint 1200 Milliards d’Euros, le déficit public a lui même atteint 39 Milliards d’Euro pour 2007. En terme de fonctionnement, l’Etat dépense 20% de plus que ses recettes.
Les intérêts de la dette représentent une somme supérieure à l’impôt sur le revenu (50 Milliards), soit environ 3000 euros par an par contribuable. La dette publique représente environ 100 000 Euros par contribuable (150 000 Euros par contribuable actif), soit la valeur d’un appartement !
Si l’Etat devait vendre tous ses biens pour rembourser sa dette, il serait en cessation de paiement ! Avec un actif de 538 milliards d'euros pour un passif de 1 131 milliards, fin 2006, l'Etat est en situation de faillite. Le déficit budgétaire a atteint 2,5 % du PIB, contre 1,7 % pour l'Allemagne. La Sécurité sociale affiche un besoin de financement de 11 milliards pour 2006 et 12 milliards au moins pour 2007, sur fond d'une dette sociale de 120 milliards. L'impasse des collectivités locales s'élève à 6,4 milliards pour une dette de 127 milliards. Au total, la dette publique atteint 65 % du PIB (rappelons que 60% est la limite pour normalement être accepté dans l’union monétaire de l’Euro), contre 20 % en 1980.
Rien ne justifie la dérive des comptes publics français face aux pays voisins qui se désendettent à marche forcée. Surtout, la dette découle de l'explosion de dépenses publiques qui ne résultent pas d'investissements, mais de l'expansion incontrôlée des dépenses publiques, des effectifs du secteur public (5,2 millions de fonctionnaires contre 4 en 1990) et des transferts sociaux (32 % du PIB). Avec un impact direct sur le blocage de la croissance et la dégradation de la compétitivité.
Ceci est inadmissible. L’attitude des pouvoirs publics est irresponsable. Le discours de campagne électorale avait fini par convaincre sur les dispositions vertueuses des principaux candidats à l’égard de la réduction du déficit, y compris le vainqueur, et pourtant le gouvernement s’octroie à présent une « pause », un report à l’échéance 2012, un conditionnement de la réduction du déficit à la croissance...
Nous proposons donc que soit inscrit dans la constitution l’interdiction du déficit de fonctionnement, sauf en cas de crise grave de récession.
Il s’agira dans un premier temps de le résorber progressivement (disons sur trois ans), puis de l’interdire définitivement.
22:10 Publié dans Pétitions citoyennes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pétition, déficit public, réforme des institutions
08.09.2007
Garantissons l'indépendance des médias !
Pour signer la pétition, cliquez ici !
Nous assistons ces dernières années à une concentration croissante des entreprises de presse, nuisant au pluralisme de l’information. De surcroît, ces médias sont détenus en majorité par des groupes industriels et financiers qui dépendent économiquement par leurs marchés de l’Etat, donc du pouvoir politique. Ces deux facteurs représentent une réelle menace pour notre démocratie.
Le grand nombre de titres de presse écrite, de chaînes de télévision, d’éditeurs de livres masque l’ampleur de la concentration dans les médias et ses effets dévastateurs. Les médias sont en majorité intégrés à des groupes industriels (Lagardère, Bouygues, Dassault, ...) :
- TF1, contrôlée par Bouygues, est en position dominante, représentant plus du tiers de l’audience totale de l’ensemble des chaînes de télévision en France. Bouygues dépend de contrats d’Etat, de collectivités locales, dans ses activités de bâtiment, de construction. La famille Bouygues, dont nous connaissons la proximité avec l’actuel président de la République, est le premier actionnaire du groupe. Les groupes Pinault et Arnault sont aussi actionnaires de Bouygues.
- L’alliance Vivendi-Lagardère domine dans la télévision payante (Canal Plus, Canalsatellite). Lagardère contrôle en propre cinq chaînes de télévision et produit et distribue des programmes pour la télévision. Le groupe Lagardère dépend de commandes de l’Etat dans le domaine de l’armement.
- La concentration connaît la même ampleur dans le secteur de la presse écrite : l’avionneur Dassault a pris le contrôle de la Socpresse (80%) détenant l’Express, le Figaro, Valeurs Actuelles ainsi que plusieurs quotidiens nationaux et régionaux. Les liens de ce groupe avec l’Etat sur le marché de l’armement sont évidents. Lagardère, également présent dans l’armement, a aussi une position dominante dans la presse au travers de Hachette-Filipacchi (Paris-Match, Elle, le Journal du Dimanche, La Provence, Ici Paris, Nice Matin,...). Enfin dernière affaire en date : Arnault, détenteur de la Tribune, envisage le rachat au groupe Pearson du quotidien financier Les Echos.
- Enfin dans l’édition, la domination de Lagardère s’impose au travers de la liste des maisons d’édition qu’il contrôle : Hachette, Fayard, Grasset, Hatier, Hazan, La Masque, Marabout, Pluriel, Stock, Le Livre de Poche, Larousse, Armand Colin, Dalloz, Dunod... Il est le premier éditeur de livres et le deuxième libraire de France (réseau Relay, magasins Virgin).
Ces groupes sont eux-mêmes liés entre eux : certains administrateurs de groupe Lagardère sont administrateurs du groupe Bouygues. Arnaud Lagardère lui-même est administrateur de LVMH qui appartient au groupe Arnault, lequel est actionnaire de Bouygues ! Arnaud Lagardère est aussi actionnaire de EADS qui dépend de commandes également liées à l’Etat.
Le pouvoir politique dépend du pouvoir télévisuel en même temps que les groupes contrôlant les médias télévisuels peuvent utiliser le pouvoir conféré par la télévision au bénéfice de leurs autres activités (défense, bâtiment, téléphone...). La législation anti-trust et anti-concentration est manifestement insuffisante pour entraver cette concentration et les liaisons dangereuses entre les activités industrielles et le contrôle de la télévision.
L’ampleur de cette concentration met en cause l’indépendance des hommes politiques vis-à-vis des médias, le pluralisme et la qualité de l’information et rend donc nécessaire, et urgente, l’adoption d’une loi limitant réellement la concentration dans les médias.
Par ailleurs, les journalistes eux-mêmes craignent pour leur indépendance et s’insurgent contre des dérives concernant la direction de leur journal, notamment suite au licenciement de Alain Genestar de la direction de Paris Match, aux tentatives de perquisitions au Canard Enchaîné dans le cadre de l’affaire Clearstream et désormais à la crise aux Echos et à La Tribune (rappelons-nous également les pressions sur le Journal du Dimanche pour ne pas publier le « non vote » de Cécilia Sarkozy et l’avis demandé par Jean-Pierre Elkabbach à Nicolas Sarkozy sur le journaliste devant suivre sa campagne !) . Dans une lettre récemment adressée au président de la République, les sociétés de journalistes de 27 médias demandent des mesures légales garantissant l’indépendance de la Presse.
Face à cette menace, nous proposons la mise en place de dispositions légales visant à garantir le pluralisme et l’indépendance des médias :
- En limitant la concentration du contrôle des médias (télévision, presse et édition) par les grands groupes : un observatoire des médias calculerait les parts de contrôle des groupes industriels et financiers, tenant compte des interactions croisées entre eux, et veillerait à donner l’alerte dès qu’un seuil de contrôle serait franchi (seuil à fixer, par exemple 20% du total dans chaque catégorie de médias).- En limitant l’actionnariat et le pouvoir de contrôle dans un média télévisé ou de presse grand public à un certain seuil (par exemple 20%) dès lors que l’actionnaire est lié à l’Etat par ses marchés (Armement, construction...).
- en proposant que l’existence des sociétés de journalistes soit reconnue par la loi et qu’un droit de veto soit instauré afin de donner aux rédactions le pouvoir de s’opposer à un directeur de rédaction.
17:55 Publié dans Pétitions citoyennes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : medias, democratie, liberté de presse, bayrou, politique, petition, lagardère